Devenir traducteur agréé au Canada

Bien que le chemin vers l’agrément fut parfois difficile pour moi, l’expérience s’est en fait révélée positive et satisfaisante tant et si bien que c’est quelque chose que je recommanderais fortement aux autres traducteurs, où qu’ils vivent.

*Cet article a été publié pour la première fois sur le site internet de la section française de l’association des traducteurs américains (American Translators Association)

 

« Soit vous avez un don pour les langues soit vous n’en avez pas. » C’est ce que beaucoup de linguistes professionnels pensent de notre profession. C’est ce que je pensais quand je suis partie faire mes études dans une fac française et que j’écoutais les autres étudiants américains parler français : j’essayais de décider si j’étais aussi bonne qu’eux. Dix ans plus tard, j’ai pris moi‑même la décision que j’étais douée pour les langues étrangères (sans que personne ne me le dise) et j’ai décidé de tenter ma chance en devenant traductrice indépendante pendant mon séjour dans la ville de Québec au Canada. Cependant, ce n’est que récemment, quand j’ai obtenu mon titre de traductrice agréée de la corporation des traducteurs, terminologues et interprètes du New Brunswick (CTINB), que j’ai pensé que mon opinion sur ma petite personne était justifiée. Bien que le chemin vers l’agrément fut parfois difficile pour moi, l’expérience s’est en fait révélée positive et satisfaisante tant et si bien que c’est quelque chose que je recommanderais fortement aux autres traducteurs, où qu’ils vivent.

 

 

N’ayant pas étudié l’art de la traduction de manière formelle à l’école, quand j’ai débuté je n’étais pas du tout consciente que le Canada avait un nombre impressionnant d’associations professionnelles pour traducteurs et encore moins qu’il existait un agrément. Après avoir parlé à une connaissance aux Etats-Unis qui m’avait expliqué que j’avais besoin d’être agréée afin de pouvoir travailler pour sa compagnie, j’ai rejoint les rangs de l’association des traducteurs américains (ATA) et j’ai décidé de commencer en suivant leur programme de mentorat où j’ai travaillé avec un traducteur expérimenté. Au début de notre mentorat, mon mentor m’a expliqué qu’elle avait raté son examen pour l’ATA deux fois avant d’avoir réussi la troisième fois. Etant donné que je l’admirais et que j’appréciais ses conseils précieux, je me suis dit que d’être agréé était essentiel pour réussir en tant que traductrice et j’ai donc décidé de tenter l’examen lors d’un prochain voyage aux Etats-Unis. Malheureusement, après avoir échoué deux fois moi aussi, j’ai décidé que j’allais attendre avant de renouveler l’expérience et que j’avais besoin de plus d’expérience et de pratique.

 

En même temps, parce que je ne savais pas combien de temps mon mari et moi allions vivre au Canada, je me demandais lequel d’un agrément américain ou canadien me serait le plus profitable. Finalement, j’ai eu vent de l’association professionnelle québécoise, l’Ordre des traducteurs terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ), et j’ai commencé à examiner de plus près leur processus d’agrément. J’ai appris, qu’au Canada, le titre « Traducteur agréé » est attribué par l’organisme de régulation de chaque province, le Canadian Translators, Terminologists and Interpreters Council (CTTIC), et que l’association de traducteurs de chaque province a un processus d’agrément qui lui est propre. J’étais contente de découvrir que l’OTTIAQ offrait plusieurs façons possibles de passer cet agrément, chacune prenant en compte la formation et l’expérience professionnelle du traducteur, sans pour autant que le traducteur ait à passer un examen (nous y reviendrons). Du fait de mon expérience particulière, le seul autre critère auquel je devais répondre avant de soumettre ma candidature était d’avoir au moins cinq ans d’expérience professionnelle.

 

Juste avant d’atteindre l’échéance des cinq ans, mon mari a accepté une offre d’emploi à Saint-John dans le New Brunswick, et après m’être renseignée sur les règles pour être agréée dans le New Brunswick, je me suis rendue compte que bien plus d’options s’offraient à moi. Maintenant, non seulement j’avais l’option de passer un examen ou d’avoir mes qualifications approuvées, mais je pouvais aussi devenir agréée par le biais d’un mentorat. Suite à mon expérience avec l’examen de l’ATA et n’étant pas sure que je réponde aux exigences liées à l’agrément sur dossier, j’ai décidé de choisir le système du mentorat dans l’espoir que mon travail parle de lui-même.

 

Je devrais ajouter que, bien que l’agrément de l’ATA augmente votre crédibilité aux Etats-Unis, celui-ci n’est pas exigé par toutes les agences gouvernementales et, dans certains cas, un agrément obtenu à l’étranger suffit bien. Au Canada, cependant, l’agrément est exigé par le Bureau de la traduction afin de traduire des documents officiels pour le gouvernement fédéral. Dans le New Brunswick, la seule province officiellement bilingue, l’agrément est obligatoire. Autant de raisons pour que je devienne agréée.

 

Sur une période de plus de six mois, j’ai soumis plus de 30 000 mots à mon mentor pour qu’elle vérifie ma traduction et me fasse part de ses commentaires. Bien que mes premières traductions me soient revenues avec des tonnes de corrections (preuve que j’avais besoin de plus de pratique), petit à petit j’ai noté qu’il y avait de moins en moins de corrections et vers la fin de mon mentorat, plus d’un document m’est revenu sans correction aucune. Bien que mon mentor m’ait dit dès le début que son intention était de faire de moi non plus « une très bonne traductrice mais une excellente traductrice », je ne me suis pas sentie digne de recevoir le titre de « traductrice agréée » avant qu’elle ne me dise après plusieurs mois de mentorat qu’elle allait définitivement me recommander pour l’agrément.

 

La grande nouvelle est arrivée quelques semaines après la fin de mon mentorat quand j’ai eu vent par le président du CTINB que la recommandation de mon mentor avait été approuvée par le conseil et que j’avais officiellement reçu l’agrément pour traduire du français vers l’anglais. Hourra ! Enfin !

 

Peu de temps après, j’ai tiré profit de l’accord de réciprocité entre le CTINB et l’association québécoise (OTTIAQ) afin d’avoir mon agrément reconnu au Québec. De fait, j’ai aussi pu obtenir l’assurance responsabilité civile que l’association offre à ses membres. Comme avec l’ATA, il existe de nombreux avantages à être membre d’associations pour traducteurs ; vous devez seulement sélectionner celles qui vous seront le plus bénéfiques.

 

Et qui sait, peut-être que le nouveau programme informatisé mis en place par l’ATA sera une autre façon pour moi et beaucoup d’autre traducteurs de démontrer nos compétences dans des conditions qui nous sont favorables. Au moins, c’est ce que j’espère.

Natalie Pavey - Owner of Word+Style Translations

Natalie Pavey

Natalie Pavey est traductrice agréée et propriétaire de Word+Style. Se fixant comme objectif de faire tomber les barrières de communication pour les entreprises et organisations qui composent sa clientèle, elle gère une équipe chevronnée qui produit des traductions français-anglais fidèles à la marque. Ses clients peuvent ainsi avoir l’esprit tranquille et se concentrer sur l’épanouissement de leur organisation.

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